Salle de la Basilique, Grenoble (entrée face à la gare)

La langue maternelle, celle de l’origine ? Celle qui fait origine, celle qui nous ancre dans le langage, et qui, à sa source, s’imprègne de musicalité, de sensorialité, avant de permettre un accès au sens. « Elle est votre propre peau », écrivait Freud à son ami Arnold Zweig qui émigrait en Palestine (6 février 1936).
Pourquoi la langue est-elle dite “maternelle” ? Nous interrogerons les incidences de sa proximité avec la mère, le “trop intime” qui peut se loger dans la langue natale. Mais elle peut aussi ne pas être l’idiome de la mère. Langage et parole sont aussi ceux du père et des autres, dès la naissance. Qu’en est-il du bilinguisme ou plurilinguisme d’une famille dans les repères psychiques de l’enfant ?
Si de nombreux exilés témoignent de leur douleur d’avoir à quitter leur langue – plus que leur pays –, des écrivains peuvent aussi faire le choix de rompre les amarres et d’écrire dans la langue d’un autre, étrangère, comme Akira Mizubayashi, qui fonde cette expérience dans son premier livre en français Une langue venue d’ailleurs. La langue étrangère offrirait-elle une possible renaissance ?
Nous développerons ces interrogations en croisant notre recherche analytique avec l’expérience des écrivains, qui nous laissent entendre ce qui, dans la langue, est à l’œuvre.

Comité d’organisation
Édith BÉGUIN, Claudie BOLZINGER, Hélène DIEDERICHS, Estelle PORRET, Françoise SAINTE-ROSE, Catherine TUIL-COHEN