Michel CRESTA

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Caroline TILLON

Route de Paris
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Un samedi par mois
à Nantes
1re réunion le 21 septembre

« Le traumatisme blesse parce qu’il vient de l’avenir », Jacques Derrida, à propos du 11 Septembre.
Le discours actuel du « malaise dans la culture », amplifié par la puissance que l’on sait des réseaux sociaux, confusément « relooké » par l’écologie médiatique et les inquiétudes liées aux effets sur l’environnement des changements climatiques, instille dans le champs social, de façon quasi continue, les signifiants de « fin du monde », « effondrement », « collapsus généralisé ». Certains en posséderaient même la date et le synopsis… comme s’il s’agissait de renoncer à toute organisation possible, à toute pensée face aux problèmes en question et de s’incliner devant un fait inéluctable, avec toute la jouissance attachée à ce genre de posture animée par une puissante phobie de la nouveauté.
Ce discours se donne parfois à entendre sur le divan, bien sûr, et n’est certainement pas sans effet sur le politique et les violences qui s’y font jour dans le moment, mais aussi dans la formidable régression intellectuelle actuelle accompagnée d’un déficit de pensée et de travail de création vertigineux. Dolto s’interrogeait en son temps, au vu des coupes budgétaires drastiques imposées à l’enseignement, à l’université et surtout au collège dans les années 80, sur la viabilité du type de société que nous bâtissions, qui n’accordait pas la première place à ses enfants, c’est-à-dire à sa survie.
La psychanalyse, dans son histoire, a rencontré ce type de « stase » dans la culture, et a parfois fait les frais des conduites suicidaires extrêmes d’une société en proie au malaise face à l’avenir envisagé comme forcément traumatique.
Pour paraphraser Derrida, l’enfant ne serait-il pas traumatique parce qu’il viendrait de l’avenir ? Une bonne raison pour ne pas être plus enfant que lui ! « L’homme ne peut demeurer éternellement un enfant. Il lui faut s’aventurer dans l’univers hostile et abandonner le ciel aux anges et aux oiseaux. » Sigmund Freud, L’Avenir d’une illusion.
C’est sur la toile de fond de ces questions et de cette actualité que nous comptons poursuivre notre travail de recherche cette année, à partir de textes d’Olivier Grignon (Le Corps des larmes ; Avec le psychanalyste, l’homme se réveille), de Sylvie Le Poulichet (Environnement et catastrophe ; Psychanalyse de l’informe ; Les Poétiques du corps), de Conrad Stein (L’Enfant imaginaire), de Nestor Braunstein (La Jouissance, un concept lacanien) et de ceux de Freud sur l’angoisse et la phobie à partir du « Petit Hans ».

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