Suite à notre séminaire sur « l’inquiétante étrangeté et lettres de l’inconscient » à la SPF, nous proposons une journée d’études sur cette thématique. Cette journée présente un double intérêt. Au-delà d’un approfondissement clinique et théorique par rapport à cette notion, nous aurons l’occasion d’interroger l’Unheimlich au regard de l’actualité relative au contexte de la pandémie et du confinement dans lesquels chacun a été appelé à vivre et à travailler.
Les lieux familiers acquièrent un relief d’étrangeté voire fantomatique où plane l’inquiétude d’une menace invisible de mort. Le confinement peut réveiller des représentations archaïques d’enfermement, une perte de sens et le sentiment d’être désorienté, alors que le corps est susceptible de se transformer en un lieu inhospitalier qu’il s’agit de surveiller et de protéger avec des « gestes barrières ». De même, la dis-torsion du temps et l’effacement des repères temporels résonnent avec l’évanescence de la perspective du futur, une immobilisation psychique qui laisse l’impression que nous sommes incessamment à la même place.
Le confinement a aussi comme effet le changement du cadre analytique qui favorise dans certaines circonstances l’émergence d’une inquiétante étrangeté aussi bien pour le patient que pour l’analyste (fatigue excessive et inhabituelle). Il est alors important d’être attentif à l’émergence de ces mouvements régressifs et de permettre, lors de cette journée, une réflexion autour de notre pratique et de l’après coup de ce moment inédit.
Cette journée pourra être organisée selon deux thématiques dépliées autour de quatre tables rondes. Une thématique métapsychologique et clinique rappelant les fondamentaux de cette problématique, et une thématique qui interroge l’inquiétante étrangeté au regard de l’actualité liée à la pandémie et au confinement.

Comité d’organisation
Monica BROQUEN, Angélique CHRISTAKI, Monique DAVID-MÉNARD, Florian HOUSSIER