Colloque Psycha 31, SPF et @Psychanalyse
Associations de Psychanalyse et de Recherches Freudiennes et Lacaniennes

Samedi 11 juin 2022 de 9h à 18h
Salle Duranti, 4 rue du Colonel lieutenant Pélissier, 31000 Toulouse

Frais de participation : 60 € la journée – Zoom : 30 € journée
Gratuit pour les membres et les auditeurs libres de la SPF
Renseignements : psycha31.toulouse@gmail.com

Programme et informations

VIVANT(S)

L’être vivant-parlant a été bien mis à mal dans cette crise récente liée à la pandémie de Covid-19. Il est aussi bien en souffrance dans l’expansion idéologique de l’ère techno- numérique annoncée. Qu’est-ce que vivre ? Le mystère de l’être parlant demeure entier. C’est le nouveau-né qui pousse à vivre, c’est lui qui déclenche l’accouchement. Lacan parlait dans La Troisième, en 1974 à Rome, de « jouissance de la vie », à partir de la jouissance du corps. Une jouissance dont l’étoffe confine à la souffrance. Elaborer une philosophie du vivre dit François Jullien, se heurte à une difficulté, car vivre, comme respirer, est ce en quoi nous sommes engagés, sans recul pour le penser, sauf dans une cure analytique, cette « novation » où l’on peut prendre le temps d’un retour à soi, pour penser sa vie et en même temps nous ne parvenons pas à y accéder. Toute la vérité sur son désir ne peut être faite, il restera toujours un insu, ou un ombilic comme disait Freud à propos du rêve. Il faut donc s’atteler à une double tâche : « d’abord se donner les moyens conceptuels d’entrer dans une philosophie du vivre et enfin se demander comment on peut accéder au vivre, si vivre est notre immédiat. »1. Cette pensée du vivre a été laissée par les philosophes d’abord à la religion (Saint Augustin par exemple), puis à la littérature développant le singulier du vivre. C’est toute la littérature grand public du « développement personnel » et de « méditation en pleine conscience » qui capte aujourd’hui cette question du vivre. Alors que la psychanalyse, centrée sur la question du désir concerne elle aussi au plus haut point cette question du vivre dans sa capacité d’existence, ex-sister2. Ceci dans le dire de l’analyse, amené à l’existence et dans un rapport tragique avec la mort, dans une dualité relevée par Freud au moment de sa théorisation de la pulsion de mort. Le dire dans l’analyse peut provoquer des effets de réel qui feront trace dans l’analyse et dans la vie du sujet, l’inscrivant alors vers plus de vivant. C’est le travail de la pulsion de vie.
Ce colloque propose de déplier différentes questions autour du vivre, du vivant que nous devons défendre dans notre éthique et notre humanité, face à la déshumanisation à l’œuvre.
1 François Jullien, Philosophie du vivre, Gallimard, 2011, p. 161
2 Terme utilisé par Lacan dans « L’étourdit », les Autres Ecrits ou Le Séminaire, livre XIX « … Ou pire »

Comité d’organisation : Monique LAURET, Joseph ROUZEL