Patricia ROSSI

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La Boate
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8/10, 12/11, 10/12, 14/01, 25/02,
25/03, 29/04, 27/05, 24/06

Par le terme de contre-transfert, qui entre dans le corpus psychanalytique en 1910, Freud nomme l’influence qu’exerce le patient sur les sentiments inconscients de son analyste. Celui-ci doit en avoir conscience et en contrôler le processus. Depuis sa clinique de l’hystérie partagée avec Breuer, il connaît les risques que sont les « accidents de transfert » pour la cure. C’est pour mettre en garde le jeune médecin Jung qui se trouve dans une mauvaise passe avec l’une de ses patientes en 1909 – qui se révèlera être Sabina Spielrein – qu’il utilise pour la première fois le terme dans un échange épistolaire.

De l’érotique en jeu et à dominer, il est alors question, non sans résister à une certaine passivation de l’analyste devant faire face à la fois à l’amour de transfert de l’analysant – moteur de la cure – et à sa propre angoisse de castration ; la quête apotropaïque n’est pas loin. Freud lui-même s’en trouvera embarrassé dans certaines cures interminables dont celle d’Elfriede Hirschfeld que Gloria Leff qualifie de « valse-hésitation avec l’occulte » (L’Affaire Freud-Hirschfeld. Une valse-hésitation avec l’occulte, Epel, 2018). Il est alors non négligeable de considérer ce voisinage avec sa sensibilité à la télépathie.

Est-ce parce que, dès ses premiers écrits, Ferenczi est curieux d’occulte, qu’il sera en capacité d’ouvrir un champ d’expérience et de transmission sur la question du contre-transfert avec l’école hongroise ? Pour lui, la répression du contre-transfert ira à l’encontre du mouvement de la cure, et sa contribution intégrant l’Einfühlung (le « sentir avec »), qu’il placera au cœur de la technique analytique, se soutiendra du féminin sans résister aux transferts maternels ou féminisants.

« Les femmes s’en tireraient-elles plutôt mieux que les hommes dans le maniement du contre-transfert ? », telle est la question que pose Gloria Leff dans Portraits de femmes en analyste. Lacan et le contre-transfert (Epel, 2009),en revenant sur les pas de ce dernier lors de son séminaire L’angoissede 1962-63 alors qu’il revisite les textes de Margaret Little, Lucia Tower et Annie Reich. Le contre-transfert devient ressort de la cure jusqu’à sa terminaison.

Au-delà des contresens, des controverses et des courants, l’évolution du maniement du contre-transfert dans la psychanalyse contemporaine nous amènera à revisiter l’histoire d’un concept en le confrontant à d’autres comme la résistance de l’analyste, son  désir, ou encore les transformations se soutenant de l’identification projective, chacun participant à la dynamique intersubjective d’une cure.

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