Depuis Freud, la pratique psychanalytique et sa théorisation oscillent en permanence entre science et fiction. Dès l’origine, l’implication des psychanalystes dans le champ médical et psychiatrique, avec le souci d’y diffuser une clinique orientée par l’hypothèse de l’inconscient, ne s’est pas démentie. La question de ce qui est opérant dans la cure, de la preuve de son efficacité, et donc une exigence de scientificité se trouvent relancées aujourd’hui dans un contexte « scientiste » dominé par le paradigme de l’Evidence Based Medecine, l’essor des neurosciences et le développement du cognitivo-comportementalisme. La psychanalyse se trouve parfois renvoyée du côté d’une croyance irrationnelle, mais continue pourtant de susciter beaucoup d’attentes. Les psychanalystes, qui demeurent engagés en psychiatrie,
en médecine et dans le champ social, sont aussi appelés à soutenir l’échange et
la confrontation avec les approches et avancées issues d’autres champs de connaissances.
La pratique analytique, prise dans le libre jeu de l’inconscient et dans le transfert peut-elle prétendre à une rationalité fondée sur les conditions d’une science expérimentale hypothético-déductive ? Est-elle une activité pratico-poïétique centrée sur la « causalité psychique inconsciente » ou s’inscrit-elle dans le champ des sciences de la nature ? Peut-on parler de modalité singulière d’écriture scientifique centrée sur l’énonciation et la transmission d’une découverte ?
La demi-journée comportera deux tables rondes :
– La psychanalyse : science et/ou fiction ?
– La psychanalyse peut-elle être évaluée ?

Intervenants : Isabelle ALFANDARY, Guénaël VISENTINI
Discutants : Tristan GARCIA-FONS, Daniel KOREN, François POMMIER, Hélène OPPENHEIM-GLUCKMAN
Introduction et conclusion : Patrick GUYOMARD