Claudine LANZAROTTI
10, passage de la Tour de Vanves
75014 Paris
Tél. : 06 66 63 21 89
claudine.lanzarotti@gmail.com
Léa SAND
116, rue du Chemin Vert
75011 Paris
Tél. 01 48 06 16 50
lea_sand@hotmail.com
Le 3e mercredi du mois
à 21h
au local
1re réunion le 16 octobre

Nous proposons ce séminaire depuis l’an dernier, la bible hébraïque nous paraissant être une voie royale pour explorer nos questions d’analystes sur le langage et
la pensée. C’est, en effet, un texte qui sollicite le lecteur et le pousse au travail inter-prétatif car, écrit dans une langue consonantique, il fourmille d’équivocités, d’allusions et d’ambiguïtés. Beaucoup des mots qui le composent sont issus d’une racine ren-voyant à plusieurs significations, parfois très éloignées en apparence les unes des autres, tout en entretenant entre elles un lien profond. Par exemple « mot » et « circoncision », qui se disent avec le même terme ; ou encore « tout » et « destruction », qui procèdent de la même racine*. Les noms propres, quant à eux, sont « des calembours ambulants »1, et savoir que Caïn veut dire « acquis », Isaac « il rira », ou encore Joseph « il ajoutera », enrichit notre réflexion de significations dont les traductions nous privent, car elles coupent le lien avec le sens fondamental de la racine mère2.
En nous faisant entrer dans le monde du double-sens, le lexique hébraïque fait donc des clins d’œil aux psychanalystes que nous sommes. Il nous entraîne – dans les deux sens de ce terme – à l’écoute de l’extériorité que les mots eux-mêmes contiennent. En nous incitant à considérer tout mot, tout énoncé, comme composé d’éléments manifestes mais aussi latents, il nous donne des outils pour débusquer ce qui se montre… tout en se cachant.
Pour cette deuxième année, nous continuerons d’articuler notre lecture avec des textes freudiens et lacaniens traitant des mécanismes inconscients qui sous-tendent la parole et le langage. Nous poursuivrons le travail entamé sur les questions de la nomination, la problématique du « Nom-du-Père » et l’énigme du tétragramme YHVH, non-nom3 par excellence. Nous avons aussi le projet d’aborder la dimension de l’exil, métaphore de la division, et de travailler la question du rêve avec le personnage de Joseph, si cher à Freud.

Séminaire ouvert à tous les membres et auditeurs libres. Les inscriptions se font sur place.

* Nous insistons sur le fait qu’il n’est pas nécessaire de connaître l’hébreu pour participer à ce séminaire. Les mots hébreux étudiés sont toujours traduits.

1 Henri Meschonnic, Au commencement. Traduction de la Genèse, Desclée de Brouwer, 2002, p. 19.
2 Shmuel Trigano, L’hébreu, une philosophie, Hermann, 2014, pp. 30-31.
3 Expression de François Rachline lors de sa conférence à la journée d’études de la SPF « Destins du père » du 16 mars 2019.