Au local de la SPF
Samedi 11 décembre 2021 de 17h30 à 21h30
Dimanche 12 décembre 2021 de 14h à 18 h

Le sentir (aesthesis) et la créativité d’un homme authentique

Pierre Lelièvre, psychiatre, psychanalyste et peintre (1941-2020), fait ses études de médecine et de psychiatrie à Paris. Analysant de François Tosquelles, il est proche de Fernand Deligny et de Jean Oury.
Dès l’enfance, Pierre Lelièvre vit dans un monde de création : Pierre Jaouën par exemple, peintre, ami de Charles Estienne, proche d’André Breton, de sa fille Aube Breton et de son mari Yves Elléouët. Il croise dans cet univers familial du Finistère Nord Jean-Claude Silbermann, Serge Poliakoff, Jean Degottex, Jacques Villon…
Le grand tournant a lieu dans les années 80 lorsque Pierre Lelièvre rencontre Merri Jolivet. Fils du compositeur André Jolivet, peintre célèbre, Merri Jolivet sombre dans l’alcool et la dépression. Pierre veut le sauver, le nourrit, l’aide à vivre. Il lui organise une importante exposition de grands formats… et Merri Jolivet encourage Pierre à peindre. C’est parti. Pierre Lelièvre ne cessera plus de peindre pendant 40 ans.
Tout devient sujet : objets africains, grilles de Paris, « japonaiseries »… Sa sensi-bilité profonde à l’œuvre de l’autre, alliée à sa maîtrise technique, fera naître ses œuvres (des toiles mais aussi des cartes de vœux) « à la manière de » Nicolas de Staël, Joan Miro, Jacques Villeglé, Pierre Soulages, Gaston Chaissac, Michel Haas, etc., qui ne sont nullement des copies.
Mais la rencontre entre sentir, créativité et technique lui permet de faire surgir des œuvres abstraites « à lui », où rythme, espace et couleur se marient, se confrontent, leur assurant une ouverture, une présence douce ou affirmée dont le regard ne peut que se délecter, au fil de l’évolution de son inspiration… Ses encres de chine servent notamment à l’illustration du livre de poèmes, Change est mon paradis, de Jean-Théodore Moulin (Obsidiane, 2020).

Vers une abstraction poétique, tel sera sera l’axe de cette exposition.