Ateliers “Propositions pour l’avenir de la SPF”

Depuis mars 2020, une quinzaine d’analystes de la SPF se sont réunis par Zoom dans des ateliers qui sont devenus réguliers, auxquels leurs participants ont donné comme nom « Propositions pour l’avenir de la SPF ».
Les enjeux étaient doubles : nouer de nouveaux liens de travail au sein de la SPF avec des collègues que nous croisions sans avoir eu encore l’occasion de travailler ensemble, et renouer des liens après 25 années d’existence de la SPF. Parmi nous, il y a des membres associés, des affiliés, des adhérents et des auditeurs libres.
Trois ateliers se sont constitués autour d’orientations de travail différentes. Ces ateliers sont ouverts aux collègues intéressés qui peuvent nous rejoindre et/ou former d’autres groupes.

 

Atelier 1 : Publicité de la psychanalyse

L’atelier « Publicité de la psychanalyse », dont les réunions ont commencé au mois d’avril dernier, poursuit son travail de manière régulière. Cet atelier se propose de réfléchir à la place de la psychanalyse dans la Cité et à la manière dont elle est présente dans l’espace public.
Après un premier temps d’échanges ouverts, le travail de l’atelier s’est organisé autour de trois axes différents.
Un premier axe de travail s’est déployé autour des « Questions contemporaines » ; elles se sont concentrées jusqu’à présent autour de la problématique du genre.
Un deuxième axe, porté par le souci de la présence de la psychanalyse et des psychanalystes dans les lieux de soin, devrait s’organiser à partir de la rentrée.
Un troisième axe autour du rapport actuel de la psychanalyse aux « sciences affines » reste pour l’instant en suspens.
Cet atelier compte avec la participation active d’une quinzaine de collègues. Il reste ouvert à des nouveaux participants qui souhaiteraient prendre part à ces travaux.

Les collègues intéressés par cet atelier peuvent contacter Isabelle Alfandary ou Daniel Koren.

 

Atelier 2 : Enjeux d’une clinique actuelle

Dans la crise sanitaire que nous traversons, notre disponibilité d’analyste s’est trouvée interpellée, interrogée, en tout cas engagée à se réinventer.
Dans cette situation d’incertitude et de risque vital, les patients et nous-mêmes avons été précipités dans une sorte de monde commun qui a fait irruption dans les séances. Nous avons été confrontés à la mobilisation et au surgissement d’angoisses archaïques, inédites, qui se sont télescopées avec les angoisses provoquées par la pandémie.
Dans quelle mesure a-t-on parfois considéré le temps du confinement comme un temps suspendu ? Dans quelle mesure ce nouveau rapport au silence et à la mort a-t-il pu paradoxalement permettre davantage d’intimité, de proximité, d’érotisation ? Autant de questions qui ont trait à la forme que l’on donne à une cure, à son cadre, au déploiement du transfert.
Cette conjoncture a provoqué chez chaque analyste une part de sidération, de surprise, d’étonnement, d’émerveillement, de fureurs, de découvertes, toutes sortes de  situations de vécus que nous avons eu envie de partager au sein de notre atelier.
Aujourd’hui, nous avons encore à comprendre et à penser ce que nous avons traversé dans ces séances hors présence, hors corps – malgré la forte présence de la voix –, à recomposer le cadre et la temporalité. C’est autour de toutes ces questions que nous continuerons à travailler cette année en cherchant comment les situations actuelles résonnent avec la façon dont, au mieux, la psychanalyse se réinvente à chaque séance.

Les collègues intéressés par cet atelier clinique peuvent contacter Marcianne Blévis, Monica Broquen, Marion Lévy, François Pommier.
La première réunion aura lieu le vendredi 8 octobre 2021, à 21 heures, sur Zoom. Le lien sera envoyé aux participants la veille.

 

Atelier 3 : Totem et tabou ou l’anthropophagie

Sigmund Freud établissait un rapport entre la sexualité infantile, la culture et la vie des « primitifs » telle que les anthropologues du XIXe siècle la décrivaient. Il s’intéressait particulièrement à la socialisation de la violence interhumaine.
Les anthropologues contemporains forgent d’autres modèles que celui du mythe de la horde et du meurtre du père primitif, par exemple celui de l’anthropophagie (Eduardo Viveiros de Castro). Ils affirment aussi que la distinction entre nature et culture est une invention européenne (Philippe Descola). Que deviennent alors les allers et retours entre l’infantile et le primitif dans la pensée psychanalytique ? L’atelier cherche comment l’anthropologie contemporaine nous permet de situer la pratique et la pensée analytiques selon une perspective nouvelle.
Les participants à l’atelier ne se limitent pas à un seul thème mais proposent, par des lectures variées de textes analytiques, anthropologiques, littéraires, de quoi nourrir et discuter entre eux de la place de la pratique de la psychanalyse dans les rites sociaux que nous n’apercevons pas parce qu’ils nous habitent. Au gré des lectures des uns et des autres, nous avons pris pour appui de nos réflexions Jérôme Fourquet (L’Archipel français), Eduardo Viveiros de Castro (L’Inconstance de l’âme sauvage), Baptiste Morizot (Manières d’être vivants), Nastassja Martin (Croire aux fauves).
Depuis quelques mois, les participants ont particulièrement apprécié l’ouvrage de Philippe Descola, Les Lances du crépuscule Plon, 1984), qui permet d’aborder d’un regard neuf la fonction du nom (du père ou de l’ancêtre), l’importance de l’environnement humain et non-humain, l’analyse des rêves, la place de la sexualité… Sans que ce soit décidé au départ, les intervenants ont écrit des textes qui sont disponibles pour tous les participants.
Nous poursuivrons à la rentrée avec un article de Anne-Christine Taylor : « Corps, sexe et parenté. Une perspective amazonienne » in Ce que le genre fait aux personnes, sous la direction de Irène Théry et Pascale Bonnemère (Éditions de l’EHESS, 2008).

L’atelier est ouvert. Les personnes qui souhaitent nous rejoindre peuvent écrire à Monique David-Ménard (mo.davidmenard@gmail.com).
La première réunion aura lieu le mercredi 29 septembre 2021, à 21 heures, sur Zoom. Le lien sera envoyé aux participants la veille. Nous déciderons ensuite s’il convient de nous réunir selon la forme double, en présentiel et par zoom.